Étape 4 · Prévoir
Fixer ses volontés et réserver l'argent nécessaire, pour éviter à ses proches de devoir tout décider en quarante-huit heures. Voici comment cela fonctionne en Suisse, ce que cela coûte vraiment, et ce qu'il faut vérifier avant de signer.
Mis à jour le 12 août 2026Lecture 8 minutes
La prévoyance funéraire recouvre deux choses distinctes, qu'il vaut la peine de séparer dès le départ : écrire ce que l'on veut, et prévoir de quoi le payer. On peut faire l'un sans l'autre. La plupart des mauvaises surprises viennent de là : une personne a laissé des instructions précises, mais aucun argent disponible, ou l'inverse.
La partie volontés est gratuite et tient sur une page : crémation ou inhumation, cérémonie religieuse ou civile, lieu de recueillement, avis de décès ou non, personnes à prévenir. La partie financement consiste à réserver à l'avance un montant destiné aux obsèques, auprès d'une entreprise de pompes funèbres, d'un opérateur de prévoyance, d'un assureur, ou sur un compte que l'on garde soi-même.
Pourquoi anticiper change quelque chose : en Suisse, les obsèques ont lieu en général entre trois et sept jours après le décès, et la famille choisit un prestataire, un cercueil et une cérémonie dans les premières quarante-huit heures. Au même moment, les comptes bancaires du défunt sont bloqués jusqu'à la production du certificat d'héritier, ce qui prend souvent plusieurs semaines. Les proches avancent donc les frais de leur poche, sans avoir eu le temps de comparer quoi que ce soit.
À retenir
Un document de volontés sans financement laisse la facture aux proches. Un financement sans document leur laisse les décisions. Les deux ensemble règlent le sujet.
Il n'existe pas de solution unique en Suisse, et les trois formules ne répondent pas à la même question. La première finance des prestations, les deux autres constituent un capital.
Vous choisissez à l'avance les prestations avec une entreprise de pompes funèbres ou un opérateur de prévoyance, et vous les payez, en une fois ou par mensualités. Au décès, les fonds servent uniquement à exécuter ce qui a été convenu. C'est la voie la plus répandue en Suisse. Deux avantages pèsent lourd : le prix des prestations est en principe garanti pour toute la durée du contrat, et rien ne transite par la succession, donc l'argent est disponible tout de suite.
Un contrat d'assurance verse un capital aux bénéficiaires désignés. Rien ne les oblige à l'utiliser pour les obsèques, et le montant n'est rattaché à aucune prestation précise : si les prix ont augmenté entre-temps, l'écart reste à la charge de la famille. La formule a du sens quand l'objectif dépasse les funérailles, par exemple protéger un conjoint. Regardez la sélection médicale à l'entrée, l'âge limite de souscription et le délai de versement.
Un compte d'épargne dédié, ou une part du 3e pilier. C'est la solution la plus souple et la moins coûteuse, avec un défaut majeur : au décès, un compte individuel est bloqué. L'argent existe, il n'est simplement pas accessible au moment où la facture arrive. Un compte joint ou une procuration valable au-delà du décès change la donne, et cela se vérifie auprès de la banque, par écrit, avant d'en avoir besoin.
Les trois formules côte à côte :
La convention funéraire
L'assurance décès
Le capital mis de côté
La crémation concerne aujourd'hui près de neuf obsèques sur dix en Suisse. Pour une crémation avec cérémonie, l'ordre de grandeur se situe le plus souvent entre 4'000 et 8'000 francs. Une inhumation coûte davantage, surtout à cause du cercueil, du monument et de la gravure. Pour des prestations comparables, l'écart entre deux entreprises peut dépasser 50 pour cent : c'est précisément ce qu'on ne peut plus comparer une fois le décès survenu.
Cercueil
Prestations funéraires
Taxes communales
Urne, cérémonie, fleurs, faire-part, verrée
Monument et gravure
Deux précisions utiles. L'assurance maladie ne couvre pas les frais funéraires. En revanche, en cas de décès par accident, l'assurance-accidents obligatoire prend en charge une partie des frais d'obsèques. Il vaut donc toujours la peine de vérifier ce qui existe déjà avant de souscrire quoi que ce soit.
Reste la question de l'inflation. Un contrat signé à 55 ans peut être exécuté trente ans plus tard, et un capital de 8'000 francs figé aujourd'hui ne financera pas les mêmes obsèques en 2056. C'est la différence de fond entre un capital nominal et un contrat de prestations avec garantie de prix : dans le second cas, ce sont les prestations qui sont dues, pas une somme. Si un contrat parle d'indexation, demandez sur quel indice et avec quel plafond.
Sept questions, dans cet ordre. Un prestataire sérieux y répond par écrit.
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Il n'existe pas de registre central des volontés funéraires en Suisse. Un document parfaitement rédigé n'a donc de valeur que si quelqu'un met la main dessus dans les vingt-quatre heures.
Deux endroits à éviter
Le coffre-fort bancaire, ouvert bien après les obsèques, et le testament seul, souvent lu par le notaire quand tout est déjà organisé.
Ce qui fonctionne : une copie chez une personne de confiance qui sait qu'elle l'a, une copie chez vous dans le classeur des documents importants, avec les papiers d'identité, une copie chez votre prestataire de prévoyance le cas échéant, et une petite carte dans le portefeuille qui indique où se trouve le document et qui appeler. Dites-le simplement à deux personnes. C'est la partie la plus efficace de toute la démarche, et elle est gratuite.
À remplir, imprimer, et laisser là où on la trouvera. Une page, rien d'autre.
Identité
Mes obsèques
Financement
À prévenir en premier
Ce document n'a pas valeur de testament. Il indique vos volontés et où trouver vos contrats.
Question fréquente après un décès, et il n'y a pas de fichier national à interroger. On cherche donc à la main, dans cet ordre :
Classeur des assurances, dossier « important », enveloppe rangée avec les documents d'identité.
Un versement régulier ou unique vers une entreprise de pompes funèbres ou une société de prévoyance apparaît clairement.
Elle doit être informée du décès dans tous les cas, et un capital décès LPP peut être dû aux personnes désignées par le règlement.
Certains contrats prévoient un capital en cas de décès.
Dans beaucoup de villages, la personne avait déjà pris contact, et un appel suffit.
Pour le testament, en sachant qu'il sera probablement ouvert après les obsèques.
Si vous faites ces recherches parce qu'un proche vient de mourir, commencez par le classeur et les relevés bancaires : dans la pratique, la réponse s'y trouve neuf fois sur dix.
Funere ne vend pas de contrats de prévoyance et n'organise pas d'obsèques. Nous référençons des prestataires actifs en Suisse et nous vous mettons en relation, sans intermédiaire supplémentaire.
Décrivez ce que vous envisagez en quelques lignes (canton, formule qui vous intéresse, questions encore ouvertes) et nous transmettons votre demande à un prestataire de prévoyance actif dans votre région, qui vous recontacte. Sans engagement.
Certaines demandes sont transmises à des partenaires commerciaux de Funere. Nous pouvons être rémunérés lorsqu'une commande aboutit, ce qui ne change rien au prix que vous payez. Comparez toujours plusieurs offres avant de vous engager.
Les montants indiqués sont des ordres de grandeur observés en Suisse romande et varient selon la commune et le prestataire. Cette page a une valeur d'information et ne remplace pas un conseil juridique ou financier personnalisé.